Politique comparée :

Régimes et transitions postcoloniales

Eric SORIANO, Maitre de conférences en science politique

Master 1 HIRISS

Durée : 13 séances, 26 heures

Modalités d’examen : un dossier-pays (1/2) et une dissertation sur table en 2 heures (1/2).

Objectif du cours : interroger les fondements de la stabilité politique dans les régimes coloniaux et postcoloniaux.

Blog pédagogique : https://upvericsoriano.wordpress.com

Manuel conseillé (à télécharger gratuitement sur internet) : B.C. SMITH, Understanding Third World Politics, Theories of Political Change and Development, London, Palgrave MacMillan, 2003.

 

Séance 1. Comprendre les fondements coloniaux de l’État

Comment interroger la spécificité de l’ordre politique dans les pays nouvellement indépendants. Qu’est ce qu’un État postcolonial ? De l’Amérique latine au continent africain, de l’Asie au monde arabo-musulman, les problématiques sont variées et les cadences historiques plurales. Jusque dans les années quatre-vingt, la compréhension des régimes postcoloniaux a été monopolisée par des deux écoles de pensée (le développementalisme et le dépendantisme) construit sur l’hypothèse d’une acculturation des sociétés colonisées. À partir des années quatre-vingt, d’autres travaux ont ensuite privilégié l’idée d’une « pérennité des cultures » face à l’ordre postcolonial.

Lectures secondaires :

Bertrand BADIE, Le développement politique, Paris, Economica, 1988.

Samuel HUNTINGTON, « The Clash of Civilizations », Foreign Affairs, 72 : 3, Summer, 1993, pp. 22-49.

 

Séance n°2. De l’historicité de l’État colonial et postcolonial

Comprendre la manière avec laquelle un pouvoir politique se construit dans les régimes postcoloniaux nécessite de dépasser les questionnements posés en termes d’acculturation ou de pérennité culturelle. Ce parti-pris implique de replacer les sociétés colonisées dans leur cadre historique. Le tracé des frontières et la variabilité des situations précoloniales, les formes prises par la captation réciproque des pouvoirs « indigènes » et des pouvoirs « coloniaux » jouent un rôle central dans la fabrication de la stabilité politique.

Lecture obligatoire :

Jean-François BAYART, L’historicité de l’État importé, Cahiers du CERI, n°15, 1996.

 

Séance n°3. De l’État néopatrimonial à État privatisé en Afrique

Durant la période immédiatement postcoloniale, la construction de l’ordre politique, c’est d’abord la construction bureaucratique. Dans certaines situations, l’État se réduit à des forces armées et des institutions politiques souvent autoritaires. Dans d’autres, il se révèle pléthorique et affirme son contrôle sur tous les secteurs de la société. Au moment des indépendances africaines, les stratégies des nouvelles élites nationales s’appuient sur un surdéveloppement de l’État et une approche citoyenne de la nation. Elle renvoie aussi à ce que l’on appelle le néo-patrimonialisme. À partir des années quatre-vingt, les politiques d’ajustement structurel mises en œuvre par le FMI mettent en jeu cette pléthore bureaucratique. Mais ce sont aussi les formes de l’État qui sont redéfinies.

Lecture obligatoire :

Roland MARCHAL, Des contresens possibles de la globalisation. Privatisation de l’État et bienfaisance au Soudan et au Somaliland, Politique africaine, 1999/1, n° 73, pp. 68-81.

Lecture secondaire :

Béatrice HIBOU, « Retrait ou redéploiement de l’État », Critique internationale, n°1, automne 1998, pp. 151-168.

 

Séance n°4. Populisme et sous-développement de l’État en Amérique latine ? EtatAmériqueLatine

            L’une des grandes caractéristiques des États américains est de s’être peu développé si on les compare aux États européens. Cette « faiblesse » relative de l’État a des effets considérables sur les formes de la légitimité politique. Populisme, caudillisme… sont les mots généralement utilisés pour en saisir les logiques de constitution et de stabilité. Plusieurs auteurs évoquent également l’idée de régime prétorien pour désigner les manières spécifiques avec laquelle le pouvoir politique s’y est imposé. De fait, les effets des politiques d’ajustement structurel en ont été singuliers.

Lecture obligatoire :

Frédérique Langue, « De la Révolution bolivarienne au socialisme du XXIe siècle Héritage prétorien et populisme au Venezuela », Problèmes d’Amérique latine 2009/1, n° 71, pp. 27-45.

Lecture secondaire :

Robert Bartra, « Populisme et démocratie en Amérique latine. Notes et réflexions« , Problèmes d’Amérique latine, 2009/1, n°71, pp. 11-25.

Séance n°5. Variations sur l’autonomie de l’État en Asie de l’Est

         Ce qui fait la singularité de l’État dans les pays d’Asie du sud et de l’est, comme l’Indonésie, les deux Corées, les philippines, Taiwan, c’est le sentiment d’un monde autonome qui se développe de manière indépendante du reste de la société. La difficulté est évidemment de comprendre les racines historiques d’un phénomène qui est bien davantage qu’un simple sentiment et qui a probablement rendu possible le régime de la Corée du nord tel que nous le connaissons aujourd’hui. Cette séance a pour objectif de dénouer les fils d’une césure entre État et société civile caractéristiques de ces États.

Lecture obligatoire : egreteaubirmanie

Séance n°6. Dislocations impériales : l’État au Moyen-Orient

Séance n°7. L’État de la « Race », du Brésil à l’Afrique du sud